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Rédigé par delphine

chilly gonzales, un bouffon génial !!!




il faut se méfier des clowns... enfin, des bons !

... et surtout de ceux qui refusent de s’enfermer dans un seul rôle, car jason charles beck, alias gonzales, ou encore chilly gonzales parce qu'un passant l'avait ainsi un jour interpellé, est à la fois un électronicien cheap, un rappeur surréaliste et un brillant pianiste adepte d'erick satie et debussy.

ce canadien se réinvente sans cesse et réhabilite aujourd’hui la musique la moins réhabilitable au monde : le soft rock seventies...



déjà très petit, il se met à jouer de la musique pour ensuite suivre une formation musicale classique... mais gonzales ne fait pas comme tout le monde et exploite sa culture classique d’une manière très spéciale, à sa sauce !
il commence sa carrière musicale au canada dans un groupe, mais tout commence véritablement lorsqu’il part s’installer à berlin en 1998.
là-bas, il s’autoproclame 'le président du berlin underground', rien que ça !!!

... puis, en 2003, bourlingueur, gonzales a fini par s'installer à paris et il est connu pour ses compositions electro-pop humoristiques qui versent parfois dans la parodie hip-hop, mais il s'est aussi (et surtout, pour le grand public) illustré comme producteur : on lui doit entre autres les deux albums de feist, 'rendez-vous' de jane birkin, le dernier teki latex ou le LP de christophe wilhem... il a multiplié les collaborations de prestige : iggy pop, daft punk, bjork, bowie… et ses morceaux de piano ont été utilisés dans des films et documentaires.

mais son 'piano solo' sorti dans les bacs en 2004 est un disque entièrement joué au piano et oscille entre musique classique et jazz... forte d’un accueil très favorable de la critique, cette œuvre à part dans une discographie en dents de scie lui a même permis de participer en 2007 au prestigieux glenn gloud festival de berlin...
... quand même !!!

en effet, dès ses débuts de bouffon génial, avec gonzales über alles (2000), le canadien s’est révélé un caractère musical complexe... si le magnifique solo piano (2004) a changé son image et prouvé qu’il savait 'vraiment' jouer, ses autres disques avaient une vision musicale forte et un éclectisme qui échappaient à ceux qui ne s’attardaient qu’aux titres les plus immédiats.
mais ce fervent entertainist (pour reprendre le titre de son troisième LP), adepte de la mise en scène, n’aime rien tant que surprendre !!!
faute, sans doute, de pouvoir inventer un genre majeur (ce que l’intéressé a sûrement du mal à l’accepter, vu son influence d'eminem...), gonzales excelle dans la relecture radicalement inventive.

soft power (je vous laisse découvrir...) développe donc la frange consensuelle, onctueuse et intergénérationnelle des seventies. certains morceaux jouent à fond le concept, à commencer par slow down, avec son piano à la billy joel, ses carillons, son saxophone échappé d’un slow de robert palmer et la voix de gonzales exprimant la quintessence de cette douce puissance qui donne son intitulé à l’album.

... mégalomane
le déplacement, gonzales connaît bien...
artiste phare de la scène musicale indépendante, virtuose du piano, ex-performeur postdada de la scène underground berlinoise, producteur de jane birkin, philippe katerine, jamie lidell, teki latex feist... compositeur de musiques publicitaires célèbres, ce génie mégalomane est aussi connu pour ses collaborations, que ce soit avec tiga, boyz noise ou avec la compositrice et performeuse peaches (qui joue dans 'ivory tower' le rôle d'une ancienne artiste punk devenue femme au foyer).
sa renommée vient aussi de ses 'music talk-shows', mixes totalement vrillés entre concert et stand-up comedy, où les gags - toujours musicaux - fonctionnent là encore sur le motif du déplacement
... déplacement de registre, d'harmonie, de position au piano même - ce grand barbu au dos voûté aime s'accroupir sous le clavier et jouer à l'aveugle.
(et ça j'adÔre !!!, vous pensez... il n'y'a qu'à regarder sa vidéo où il collabore magnifiquement avec un autre artiste tout aussi déjanté, so called)


depuis que le silencio, le club parisien très sélect de david lynch, a ouvert en septembre, le musicien y donne régulièrement des spectacles dans son costume de scène préféré : robe de chambre en soie et charentaises. on se souvient tous de cette soirée spéciale où les convives circulaient entre une salle de projection où passait le film et celle du concert où gonzales avait invité sa copine peaches... et entre deux solos, l'hôte accompagnait la guest-star dans une réinterprétation à la sauce punk glamrock de la comédie musicale des années 1980 jesus christ superstar.
vêtue d'une combinaison rose pâle et noir qui faisait penser à du jean-paul gaultier rapiécé par emmaüs, puis d'une peau de serpent gris métal qui n'aurait pas juré dans un rêve lynchien, peaches chantait d'une voix divine, dansait avec une gestuelle virile à la freddie mercury, endossant tour à tour, et avec autant de foi, les rôles de jésus, marie-madeleine, ponce pilate...


toujours là où on ne l'attend pas, gonzales...

il y aurait beaucoup de choses à dire sur gonzales, mais ce soir, nous allons essayer de mettre un peu d’ordre dans toute cette boulimie créatrice et talentueuse...
... rahhh lala, oui parce que gonzales, c’est aussi les mains de gainsbourg dans le film 'gainsbourg, une vie héroïque',

... et plus récemment, à peine entré dans le guinness book comme recordman du concert le plus long du monde (27 heures 3 minutes et 44 secondes exactement et c'était en 2009 !), le musicien performeur se lançait dans le tournage d'un long métrage.
à partir de son album ivory tower, et avec la collaboration scénaristique de la réalisatrice céline sciamma (tomboy), il a écrit un script, dont il a confié la réalisation à un de ses proches, adam traynor, ancien, comme lui, du groupe électro-rap puppetmastaz.
présenté au festival de locarno en 2010, 'ivory tower' n'a été vu jusqu'ici que dans des projections-concerts où gonzales venait faire un show avant ou après le film.


fou, à la limite du burlesque...

porté par la musique de l'album qui prend en charge une bonne partie de la narration, 'ivory tower' conte une histoire éternelle de rivalité entre frères...

interprétés par gonzales lui-même et par son complice DJ tiga, les ennemis sont deux surdoués des échecs, un malade de compétition et un 'artiste' adepte d'une méthode très personnelle appelée jazz-chess, dans laquelle il n'y a ni gagnant ni perdant...

ne compte que la beauté des déplacements !!!
bref, je vous laisse à votre curiosité ;-)

... ce qui en dit long sur un éclectisme musical doublé d'une curiosité de tous les instants et d'une passion mélomane inassouvie !



un artiste complet, tout à la fois écrivain, auteur, compositeur, pianiste virtuose et, depuis peu, acteur et producteur.

en 2000, gonzo avait annoncé la venue du rap 'sans beats' avec l’album 'über alles'

... 10 ans plus tard, il revient au rap accompagné par des vagues, des roulements de typani, des cors et des cloches hollywoodiennes hypnotisantes !
influencé par prokofiev, ennio morricone et phillip glass, entre autres, ce projet est une “confession professionnelle” durant laquelle chilly révèle plus de lui-même que jamais auparavant.


... alors que gonzales s'apprête à sortir un nouvel album, soft power, en avril prochain, il prend soin de prévenir son public par avance, via son mySpace :

'réjouissez-vous parce que je ne suis pas ennuyeux... j'aurais pu rester en studio à produire et vous auriez pu m'oublier, mais ce n'est pas le cas, non ?
tirons-en le meilleur parti les gars... gonspiration existe !'



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