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Rédigé par delphine

les ailes du délire... pari z'ailé



z'en ont rêvé, rossi l'a fait...
99 ans après le pionner Louis Blériot, l’Homme continue de repousser ses limites. Dieu que c'est bon !!!


les ailes du délire... pari z'ailé
  • date : vendredi 26 septembre 2008
  • heure de départ : 13:06
  • heure d'arrivée : 13:19 GMT
  • durée de vol : 13 minutes
  • largage : 2.500 m (d'un petit avion)
  • ouverture : 1.500 m
  • atterrisage : pas de train (d'...) mais 2 parachutes, 1 pour lui et un pour l'aile
  • distance parcourue : 35 km au-dessus de la Manche (Calais-Dover)
  • vitesse moyenne : 200 km/h (plus vite que l'Eurostar !!!)
  • avec des pointes pouvant atteindre les 300 km/h

un concentré de technologie...
  • moyen de transport utilisé : une aile en carbone munie de quatre réacteurs (fixée sur son dos)
  • réacteurs : 4 Jet-Cat P200 de 22 kg de poussée chacun
  • envergure : 2m 50 (aile déployée)
  • poids : 50 kg
  • autonomie : 10 mn
  • peps : 30 litres de kérosène (soit 10 kg) et une 'tite dose d'adrénaline

'FusionMan' c'est son surnom, il est suisse, ancien pilote de chasse reconverti (pilote de ligne mais pas plus sage pour autant !), il s'appelle Yves Rossi et rien ne l'arrête !

'Ce matin j'ai été dire bonjour à la mer pour qu'elle m'ait à la bonne'.
Fou ? me direz-vous, non, tout simplement génial !!!

On peut avoir 49 ans et nourrir encore des rêves d'enfant.

C'est le cas d'Yves Rossy (surnommé aussi 'Jet Man'), qui n'a qu'une idée en tête : 'Voler comme Superman'.
... c'est-à-dire à la vitesse de l'éclair et débarrassé de toutes les futilités matérielles que constituent les avions. Aujourd'hui, le Suisse est presque arrivé à ses fins.
Les seuls instruments qu'il utilise pour ne pas s'écraser comme une crêpe sont unemanette de gaz et un altimètre sonore.


Pendant le vol 'c'était un mélange d'extase et d'effort pour rester concentré parce que je gardais à l'esprit que l'eau était très froide en dessous'.


les ailes du délire... pari z'ailé
Ni homme ni oiseau...

Mécanicien de formation, ancien pilote militaire (il compte plus de 1.000 heures de vol sur Mirage III), Yves Rossi était devenu en 2004 le premier homme à voler avec une aile individuelle munie de réacteurs.

Aujourd'hui commandant de bord, il avouera humblement (lors de son vol au-dessus des Alpes en mai dernier) :
'C'était pour impressionner les filles !'

... pari réussi, je me serais bien glisser sous son aile tiens, ce jour-là... just for the fun!


Ne vole pas qui veut

Yves Rossy a monté son premier réacteur, en 2003, sur une aile gonflable.
Un échec cuisant car l'engin n'est pas assez rigide.

Puis en 2004, il développe une aile en carbone, mais se crashe.
En 2005, il avait perdu le contrôle de son aile qu'il avait dû larguer en vol, n'ouvrant son parachute qu'à 500 mètres du sol (chaleur !).
En 2008, il est assuré par deux parachutes, un pour lui et un pour l'aile qui se déclenche automatiquement en cas de largage.

Une année sabbatique...

En 2008, il décide de prendre un congé sabbatique pour se consacrer à sa passion et réaliser son prochain défi.
Fin septembre 2008 c'est le le moment de vérité, bien qu'il ait dû renoncer à deux reprises mercredi et jeudi à sa tentative, en raison des conditions météorologiques.

Son aile, Yves Rossy l'a imaginée et créée pratiquement de toutes pièces. Et grâce à son nouveau prototype, le Suisse a enfin réussi son défi aujourd'hui.


L'art de s'envoyer en l'air
Mai 2008, sur l'aérodrome de Bex, en Suisse. C'est ici, près des montagnes du canton de Vaud, qu'Yves Rossy décide de dévoiler au monde les capacités de son invention. Les ailes repliées sur le dos, il s'installe dans un petit avion qui l'emmène à 2 500 m d'altitude. De là, il se jette dans le vide et déploie les extrémités de son aéronef.
'On tombe tout de suite en piqué, décrit-il. Ensuite, il faut mettre les gaz et se redresser.'

C'est parti pour huit minutes de délire. Yves Rossy atteint la vitesse de 200 km/h, propulsé par quatre réacteurs alimentés en kérosène. Quand le réservoir est plein, son accoutrement pèse 55 kilos. Pour virer à droite, le pilote appuie sur son flanc droit. Même manoeuvre à gauche. 'Il faut rester relax, explique-t-il. Si on y arrive, l'effort est quasiment nul. On ne subit pas plus de pression que si on conduisait une moto'.

Pour montrer son aisance, le suisse effectue même quelques vrilles. Yves Rossy déploie ensuite son parachute. Les extrémités de l'aile se replient. Il touche le sol. 'Historique', s'enflamme son sponsor Jean-Claude Biver (patron des montres Hublot).

Avec cette expérience, Yves Rossi a suivi les traces du français Louis Blériot, qui était devenu en 1909 le premier à traverser la Manche à bord d'un avion, en 37 minutes.

Il a indiqué son intention 'd'améliorer le potentiel de ce projet' à l'avenir. 'Il faudrait des ailes plus petites, des réacteurs plus gros, et une meilleure performance, parce que tout au long du projet j'étais trop lourd avec cette aile', a-t-il expliqué.

Comment ne pas avoir une pensée pour Steve Fossett (le premier homme à faire le tour du monde en 2002 en solitaire en montgolfière et sans escale ; en deux semaines, son ballon avait parcouru 31.265,85 km autour de l'hémisphère sud mais aussi détenteur de plusieurs records du monde), Bertrand Piccard (un autre suisse, le premier premier homme à avoir réalisé le tour du monde en ballon sans escale de l'Histoire, c'était en 1999) et tant d'autres encore... (l'occasion d'un prochain post, c'est promis !)


'C'est comme une drogue'

'Ce que je recherche, c'est d'avoir les sentiments que j'ai en chute libre, mais dans les 3 dimensions. J'aimerais voler dans les 3 dimensions simplement avec mon corps. J'y suis déjà arrivé. Je monte pratiquement à 30 degrés, par contre je n'arrive pas encore à faire de l'acrobatie.'


D'ici à deux ans, le Suisse espère même pouvoir décoller du sol à la verticale, afin de se passer d'avion pour prendre de l'altitude.
S'il y parvient, 'Fusion man' sera presque devenu Superman... le kérosène en plus. Pari zélé !


Pour réussir un jour à faire des loopings, il faudrait des réacteurs encore plus puissants. Yves Rossy compte bien y parvenir un jour...




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