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Rédigé par delphine riehl

un chantier titanesque....



le syndrôme du titanic...



Le Syndrome du Titanic, le documentaire de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre

'Ce film est davantage un appel à la raison et un acte politique qu'un documentaire sur la crise écologique. D'ailleurs, la 'belle nature sauvage' est la grande absente...'

' (...) ça n’est pas un film écologique' soutient nicolas hulot, plutôt un document sur la combinaison des crises écologique, mais également économique, sociale et culturelle.'

là, encore un autre cri d'alarme... aux yeux du monde entier
allons-nous tous fermer les yeux encore longtemps ?

synopsis...

un chantier titanesque....
'Je n'étais pas écologiste quand j'ai commencé, il y a 30 ans, à voyager de par le monde.
J'ai vu la planète se rétrécir sous mes yeux, je suis passé de la conviction insouciante de vivre dans un monde infini et immuable à la conscience d'un monde fini et vulnérable. Depuis presque 20 ans, je me bats avec d'autres pour alerter mais surtout mobiliser face à la menace.

Aujourd'hui, le cinéma m'apparaît comme le moyen essentiel pour que chacun puisse à son tour, en France et à l'étranger, s'approprier le constat et partager mes sentiments.
Que chacun puisse voir la terre et l'humanité telles qu'elles sont et telles que je les ai vues.
Que l'homme retrouve sa propre échelle dans le temps et l'espace.

Ce film est un cri d'alarme, ne laissons pas le temps nous dicter le changement, mais aussi un cri d'espoir, saisissons l'occasion pour nous retrouver, mobilisons le génie humain en donnant enfin du sens au progrès.'
(nicolas hulot)


Ce film documentaire de nicolas hulot et jean-albert lièvre (le créateur de l’émission Ushuaïa) a pour ambition de dresser un double portrait sans fard, celui de notre civilisation devenue majoritairement urbaine et en parallèle, celui de la Terre et de ses grands cycles naturels.

De l’infiniment petit à l’infiniment grand, Le Syndrome du Titanic replace la terre et les hommes en perspective à l’échelle de notre galaxie et permet à chacun d’être le témoin direct d’un phénomène qui n’est pas encore irréversible.

C’est un message d’espoir aux générations futures.


L'objet du film, c'est donc l'humanité telle qu'elle est aujourd'hui, devenue essentiellement urbaine. Ce long-métrage veut nous faire sentir sa multitude, ses injustices, ses folies et ses faiblesses.

Avec l'œil du photographe jean-albert lièvre, Le syndrome du Titanic nous promène sur la planète, pour nous faire rencontrer les sans-abris, à Los Angeles ou en Chine, ou nous étaler les délires de la consommation à outrance.


'À vrai dire je n’ai pas toujours vu le monde tel qu’il est mais plutôt tel que j’avais envie qu’il soit. Trente ans de voyages et d’engagements progressifs forcent le regard et dévoilent une réalité éloignée de mes illusions. J’ai vu la planète se rétrécir sous mes yeux.

De la conviction insouciante et plaisante d’un monde infini et immuable, j’ai découvert un monde clos et vulnérable. De l’idée d’un progrès constant, réfléchi et soudé à l’avenir, j’ai pris conscience d’un monde ballotté dans un fleuve en crue où chacun essaye le plus souvent simplement de tirer son épingle du jeu sans trop savoir où le mouvement le conduira. J’observe une humanité qui parfois succombe sous le fardeau de ses découvertes, engluée dans l’utopie matérialiste, empêtrée dans les mailles du progrès.

Un homme moderne, arraché à ses racines, ballotté entre le virtuel et le réel, saturé d’informations et de connaissances, atomisé, désintégré, qui peu à peu se replie dans son désarroi ou s’affronte pour des idéaux. Je vois cette planète se fragmenter avec le gâchis qui côtoie l’indigence, l’opulence qui caresse la misère. Ce monde inapte à la limite qui efface brutalement son capital Nature. Je crois que l’Homme s’est perdu dans sa propre échelle et que sa conscience n’ait été noyée par ce flot de sciences.


Le temps est venu de faire une pause, de s’extraire de la quotidienneté et de l’urgence chronique pour affronter le rendez-vous critique qui s’offre à nous.
Le temps est venu de nous regarder tel que nous sommes. Je suis intimement convaincu que nous vivons la fin d’un monde qui a eu ses vertus mais dont les remèdes d’hier sont devenus les poisons d’aujourd’hui. L’avenir n’est désespérant que si nous laissons le temps décider à notre place. Nous ne sommes pas démunis, le génie humain nous réserve encore de belles promesses, seul compte, ensemble, de revoir complètement l’ambition du projet humain. Que chacun accepte de changer son regard sur le monde.

C’est tout l’enjeu du film : transmettre par l’image une conviction. Donner la conscience de notre inconscience, pour que chacun se convainque lui-même que la mutation radicale est inévitable et souhaitable. Et que dès lors elle peut se mettre en marche.
Si Le Syndrome du Titanic est un cri d’alarme, il est aussi un cri d’espoir. Ce cap Horn de l’humanité est paradoxalement l’ultime occasion de nous retrouver autour de la tribu humaine et de redonner du sens au progrès.'

(nicolas hulot)


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interview de nicolas hulot pour le magazine 'terra éco'

TERRA ECO : « Brûler les étapes » : est-ce le but de votre long-métrage Le Syndrome du Titanic ?
Nicolas Hulot : Ce film sans concession est ma façon de franchir un cap. Le temps des écogestes est révolu. Il faut fermer le ban et précipiter l’étape suivante. Le film part de ma conviction que les crises écologique, alimentaire, énergétique et financière, qui se combinent pour former une crise systémique, ont une seule et même origine : une profonde crise culturelle. Le plus petit dénominateur commun de ces crises est notre incapacité chronique à nous fixer des limites, c’est-à-dire notre goût absolu pour la démesure. Il n’y a pas besoin d’être prix Nobel d’économie pour le comprendre. Par ailleurs, les changements que nous faisons dans nos modes de vie relèvent de l’épaisseur du trait. Ils ne sont pas à l’échelle des enjeux. Ce qui est en cause, c’est bel et bien notre système économique. Les recettes du passé ne fonctionnent plus. Pire, elles sont les poisons d’aujourd’hui.


TERRA ECO : Le propos de votre film semble donc bien davantage économique et sociétal qu’écologique…
Nicolas Hulot : La crise écologique est là. On ne peut plus le nier et ceux qui ne veulent pas recevoir cet argument-là aujourd’hui ne le recevront pas plus demain. Partant de là, mon propos n’est pas de faire le énième film environnemental. Ce qui m’intéresse c’est la suite : ce qui est en cause, de façon positive et négative, ce sont nos modes de production et de consommation individuels. Nous assistons à une forme de déni, car l’évidence nous gêne : soit on subit les changements, parce que la nature ne nous demandera pas notre avis et parce qu’elle a déjà entamé une forme de 'régulation' ; soit on décide de prendre la main et on anticipe les problèmes. Mais alors, nous devons changer radicalement. Cela ne compromettra ni le fonctionnement de notre monde ni notre bien-être. Mais nous devons agir dans un délai très court. Il faut faire sauter les verrous culturels du nationalisme, du positivisme et de la confiance absolue dans la science et les technologies.

TERRA ECO : Pensez-vous que nous soyons prêts à entendre un tel discours ?
Nicolas Hulot : Je cite souvent cette pensée d’Einstein : 'Notre époque se caractérise par la profusion des moyens et la confusion des intentions.' Nous ne manquons pas de moyens mais il nous faut préciser nos intentions, exercer notre choix. Or, choisir c’est renoncer : nous ne pourrons pas être sur tous les fronts. Pouvons-nous, par exemple, continuer de mettre chaque année dans les budgets militaires des sommes 30 fois supérieures à ce qui permettrait de sortir l’humanité de la misère ?

TERRA ECO : Ces propos ont déjà été entendus maintes fois depuis les années 1970.
Nicolas Hulot : Oui. Mais s’ils avaient été écoutés, nous n’en serions pas là. Même les esprits chagrins reconnaissent que notre système économique et social s’effondre. Dès les années 1970, des penseurs du club de Rome soulignaient qu’il n’était pas tenable à long terme. Si on les avait écoutés, la résolution de nos problèmes serait moins compliquée.


ils ont dit...

L'essentiel reste le propos, incontestable. Ce que dépeint hulot, c'est la dégénérescence d'une crise écologique en crise économique, climatique, alimentaire, la menace imminente d'une crise de l'humanité. La civilisation urbaine, l'addition des pénuries, les flux humains liés au commerce, l'emballement des transports, la globalisation de l'économie et de la culture, la surconsommation, les inégalités du partage des ressources, la surexploitation des matières premières, les coulisses des mégapoles, l'abondance des déchets et carcasses. Il condamne l'absurdité des modes de vie, s'interroge sur le sens du progrès, fustige "un système qui court à sa perte".

Ses solutions ? L'abandon du culte du 'toujours plus', de l'obsession du quantitatif, de la création de besoins 'là où il n'y en a pas', de l'idéologie de la possession pour exister, du capitalisme comme modèle économique dominant et qui devenu "le" problème. Il désigne l'excès comme toxique, prône une décroissance sélective, de la mesure comme règle d'or, des choix et des renoncements, l'exploration de la seule énergie inépuisable, l'énergie solaire. Assène des slogans : 'On ne consomme pas, on consume', 'Nous qui avons tout et que rien ne satisfait, alors que ceux qui ont peu se contentent de tout...'. Convoque imaginaire, utopie, pour une 'mutation radicale'.
On ne peut que souhaiter qu'il y ait des milliers de convertis dans la salle, et que passant du credo aux actes, ils se convertissent, ainsi que nos gouvernants.
(le monde) article paru dans l’édition du 07/10/09

'Bien qu’il s’en défende, nicolas hulot adresse à nos économies de consommation, et à nous consommateurs, un sermon pour le moins culpabilisateur dans son film Le Syndrome du Titanic, coréalisé avec jean-albert lièvre. Au fil d’un long monologue, volontairement manichéen et résolument sombre, servi par un kaléidoscope d’images superbes et judicieusement choisies, exacerbant les contrastes entre l’opulence insolente des uns et la détresse insupportable des autres, il dénonce une société de consommation débridée, absurde, qui n’est plus source de progrès ni de bien-être.'
(le figaro)


'L’ensemble n’est pas toujours exempt de naivetés, mais la dimension intime du témoignage émeut. Cela sera-t-il suffisant pour nous faire bouger ? C’est en tout cas une nouvelle étape pour une prise de conscience collective.'
(psychologies - magazine)


'Entre réquisitoire et plaidoyer, le film, sans manichéisme, expose des faits cruels que nous sommes invités à regarder au-delà des sempiternels 'états des lieux de la planète qui va mal' et qui par excès, banalisent la problématique. Notre dignité, si nous sommes vraiment vivants, est en cause et nous invite, sans culpabilité, à l’indignation constructive et non à l’apitoiement outrageant pour ceux, de plus en plus nombreux, que ni la fatalité, ni le diable, mais l’égoïsme, la méchanceté et l’indifférence, ont mis du mauvais côté la barrière. Et ce ne sont pas des grandes proclamations morales ou des réunions compassionnelles internationales qu’il faut attendre la résolution des problématiques les plus décisives pour l’avenir, mais de l’avènement d’un humanisme qui abolirait un humanitaire compensatoire. C’est sur cette logique du pompier-pyromane normalisée que repose le vivre ensemble.' [...] 'Je fais partie de ces naïfs qui s’obstinent à croire que la puissance infinie de l’amour est la plus apte à changer le monde. 'Le Syndrome du Titanic', au-delà de la tragédie qu’il évoque, nous invite également à prendre conscience de cette évidence'.
Pierre Rahbi


nicolas hulot était l’invité de nicolas demorand dans le 7/10 de france inter
(8h20 - 6 octobre 2009)


Avant le naufrage ?
Le titre du film est aussi celui d'un livre de nicolas hulot, sorti en 2004, et qui veut faire un parallèle entre la civilisation mondiale actuelle et les occupants du Titanic pour son premier et dernier voyage. Les passagers chantaient et dansaient et, juste après le choc, restaient incrédules et rechignaient à monter dans les canots de sauvetage. Quant à l'équipage, il a maintenu une vitesse élevée malgré la présence d'icebergs, pourtant connue par des messages radio.

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C'est donc un nouveau cri d’alerte que lance nicolas hulot pour préserver la planète !!!

Face à la crise économique, énergétique et climatique, il cherche à sensibiliser les sociétés mondialisées à trouver les moyens de prospérer sans faire croître la consommation en énergie et en matières premières. Il plaide pour un art de vivre ensemble fondé sur la frugalité et le partage. Un cri que vous pourrez voir à partir de demain au cinéma ou que vous pourrez lire avec le volume 2 du Syndrome du Titanic.

'Notre Titanic prend l’eau : la crise tant redoutée et si prévisible est là. Ou plutôt les crises, car nous entrons dans un maelström où se conjuguent et s’additionnent la crise économique, la crise énergétique et la crise climatique.

Deux siècles de 'progrès' ininterrompus nous ont donné l’illusion que l’humanité pourrait subvenir à la croissance exponentielle de ses besoins. Aujourd’hui, force est de constater que non seulement le progrès tant vanté laisse un nombre croissant d’êtres humains sur le bord de la route, mais que la planète, surexploitée, donne des signes d’épuisement. Il en faudrait quatre ou cinq pour fournir l’énergie et les matières premières qui permettraient aux pays émergents (et ne parlons pas du tiers-monde) d’accéder à un style de vie comparable au notre !


Les cyniques hausseront les épaules... 'pas de chance, la justice n’est pas de ce monde.'

Ce serait méconnaître une dimension fondamentale de nos sociétés mondialisées, à savoir qu’internet et la télévision par satellite étalent notre richesse et nos gaspillages insensés sous les yeux des pauvres et des laissés-pour-compte du monde entier.

À l’inégalité s’ajoute à présent la frustration, qui mène à l’humiliation, mère de toutes les violences. Et comment stopper les vagues migratoires que ce différentiel provoque, avec leurs cortèges de déracinements, de ruptures familiales et culturelles ?

Il ne s’agit plus seulement d’oeuvrer pour un développement durable, mais de trouver les moyens de prospérer ensemble sans croître - rien de moins !

Aux trois crises systémiques qui nous menacent, opposons trois résolutions : celle de la cohérence, qui nous oblige à les traiter conjointement, celle du réalisme, qui nous dicte un retour à la mesure, et celle de la justice, qui nous fait obligation de respecter la démocratie et les équilibres sociaux.

À nous d’inventer un nouvel art de vivre ensemble, fondé sur la frugalité et le partage. Les crises, en ébranlant nos certitudes, peuvent paradoxalement nous y aider.

Et si elles n’annonçaient pas le début de la fin, mais la fin du début...?'


Le syndrome du Titanic - Volume 2 de Nicolas Hulot
Editeur : Calmann-Lévy - Parution : 30/09/2009 - 1ère édition - 194 pages - EAN13 : 9782702139608





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